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Il est environ 15 h45. Je suis à l’ombre comme prévu. C’est toujours ça de bon. Une araignée avance sur ma main. Elles est marron et toute poilu. Elle s’arrête, elle n’est pas inquiète. Tout va bien. Je sais que je ne risque rien : il n’y a rien de méchant dans le coin. C’est le genre de détails dont il vaut mieux s’assurer. Le petit couac qui fout tout en l’air. Surtout si vous rampez dans sur un terrain caillouteux.
Mais tout mouvement m’est interdit. Je suis en mauvaise position. Je fais corps avec le relief, allongé dans de la terre sèche et des blocs de rochers saillants légèrement ocre. Ma jambe arrière, est coulé entre deux blocs de pierre. Je suis couvert par un Ghillie-flag, couleur désert amélioré. Je suis invisible.
Je suis terre et roche. Je pense terre et roche. Je n’existe plus.
Quelques secondes auparavant, un éclat de lumière avait jaillit d’une tourelle de surveillance, sur une colline a gauche, en regardant la mer, juste au dessus d’une falaise surplombant les flots. Cette tourelle se trouvait à 357 mètres exactement.
J’étais pratiquement au bord de la falaise. La mer se trouvait environ 150 mètres plus bas.
Je ne pouvais pratiquement plus avancé. Dans mon repérage quelques jours plutôt, j’avais cadré à la jumelle, un petit promontoire rocheux, 5 mètres plus en avant de ma position, au bord du précipice qui me permettais de rester totalement invisible à condition de ne pas se relever de plus de 60 centimètres. C’est la que je devais aller. Pour y parvenir je n’avais qu’une dizaine de mètres à faire en terrain découvert.
Je n’y était pas encore parvenu.
Moulé dans le sol et dans la terre, le risque d’être aperçu était extrêmement faible. J’avais pris comme a l’accoutumé un maximum de précaution.
Mon pouls battait rapidement. Comme a chaque fois. Tout mes sens sont en alertes. Alertes maximales.
J’ai le sentiment d’avoir des capteurs qui poussent sur tout le corps.
Des vrais, ronds, extrêmement fiables, ont étés plantés tout au long de ma progression sur une distance d’environ 260 mètres. Egalement deux autres, dans des endroits plus sensibles. A l’endroit ou la voiture a été planqué, pas très loin de la route mais invisible. Si quelqu’un bouge dans le secteur je le saurai.
Mon esprit voyage dans cette tourelle pour deviner ce qui s’y passe. Je rentre dans la cervelle du guetteur pour lui dire qu’il n’y a rien. Tout va bien.
J’était quasiment invisible. Tout en pouvant redevenir en 2 ou 3 minutes un simple promeneur. Comme la seiche qui jette son encre et s’enfuit.
Nous sommes en territoire étranger. |