L’alizé, rafraîchit par la température de l’eau, est doux. Il est tôt mais sur la mer, le soleil se couche déjà, la rondeur maternelle de la terre le permet.
D’un coté il y a la mer et de l’autre du sable. Sur ces deux éléments le regard peut porter à l’infini, à perte de vue, en silence. Ici, on peut aussi dire que la demeure de l’homme c’est l’horizon. Ces deux éléments se regardent et se rencontrent sur une plage. La rencontre est belle.
C’est un bout de désert dans l’océan.
Dans cet univers minéral presque blanc, il y a des taches vertes, des oasis. Parfois jusqu’au bord de la mer. Il y a des dattes, des noix de cocos et beaucoup de silence. Pas ce silence qui terrorise, ce silence occidentale. Non, ici il s’agit d’un silence habité par la vie, ou tous les éléments jouent les uns avec les autres. Ils jouent en silence, en se regardant, et en s’aimant beaucoup.
De temps en temps, les éléments se déchaînent. Mais c’est rare et ça ne dure jamais longtemps. Et puis, il faut bien de temps en temps montrer qu’on existe, comme un adolescent qui se rebelle. Sauf que la, il y a le temps. La rébellion peut attendre.
Cet endroit semble éternel à celui qui l’habite et offre cette éternité à l’homme qui saura s’y attacher.
C’est un endroit ou il y a peu d’eau. Mais on la partage on ne l’achète pas. En occident, on l’achète et on ne la partage pas.
En occident, quand vous demandez un verre d’eau, on vous répond souvent quelque chose dans le genre :
- " C’est tout ! Vous ne voulez pas autre chose ? ".
Ici, on est réjouit, parce que l’eau simplement suffit.
Parce que l’on sait que l’eau donne la vie, qu’elle est simplement essentiel. C’est un acte de vie et fondamentalement d’amour.
" Trouver de l’eau, cette richesse " Théodore Monod
Le sable a travers ses doigts de pieds est chaud. Le vent promène l’odeur si particulière et douce du sable. Une odeur de temps. Le sable est beau. Le temps et la patience ont caressés chaque grain pendant des milliers d’années.
Entre la roche et le sable il y a le temps.
A cet instant précis le temps n’est plus rien…seulement une simple odeur.
Les feuilles de palmiers flirtent et se frottent les unes aux autres en autant de caresses que l’alizé le promet.
Un souffle de vent plus fort dépose quelques grains de sable sur la peau de l’homme.
Il aime ça.
Les mots sont inutiles. Le verbe réduit à l’essentiel.
Ici c’est l’épicentre de l’onde de paix.
Il attend. |